Dans l'Umbanda et le Candomblé, les Orixás sont des divinités d'origine yoruba (Afrique de l'Ouest) qui représentent les forces de la nature et guident chacun selon son énergie propre. Voici une présentation de chacun d'eux.

saudação · couleur · pierre · offrande

Illustration d'Oxalá, vêtu de blanc, tenant un opaxorô orné de plumes

Oxalá (ou Orixalá)

Oxalá est le plus ancien des Orixás, souvent considéré comme leur père spirituel. Il incarne la création du monde, la paix et une sagesse acquise par le temps. Vêtu de blanc, il avance lentement, appuyé sur son opaxorô, comme pour rappeler que les choses essentielles ne se précipitent pas. Honoré le vendredi, il porte l'énergie la plus pure et la plus ancienne du panthéon.

Êpa Babá ! Blanc Cristal de roche blanc

Canjica blanche au miel, acaçá

Illustration d'Iemanjá, vêtue de bleu, entourée de poissons et de fleurs

Iemanjá (ou Yemanjá, Janaína)

Iemanjá règne sur les océans. Dans de nombreuses traditions, elle est considérée comme la mère de la majorité des autres Orixás — une présence maternelle aussi vaste que la mer elle-même. Vêtue de bleu et de blanc, elle protège les marins, les familles et celles et ceux qui se sentent seuls. Chaque 31 décembre, des milliers de personnes se rassemblent sur les plages du Brésil pour la remercier. Son jour est le samedi.

Odoiá ! Blanc et bleu marine Perle, turquoise

Riz blanc, poisson à l'huile douce

Illustration d'Oxum, vêtue de jaune et d'or, tenant un éventail

Oxum

Oxum règne sur les rivières, les cascades et toutes les eaux douces — sources de vie et de fertilité. Associée à l'or et à la couleur jaune, elle incarne l'amour, la beauté et la prospérité, mais aussi une force tranquille : celle qui façonne la pierre par la patience plutôt que par la force. Elle est l'une des Orixás les plus aimées du panthéon, honorée le samedi comme Iemanjá.

Ora Ieiê Ô ! Jaune et or Topaze dorée, citrine

Pêches au miel, feijão fradinho

Illustration d'Ogum, en tenue bleu marine, tenant une épée

Ogum

Ogum est le forgeron et le guerrier, maître du fer et de tous les outils façonnés par l'humain. Il ouvre les chemins bloqués, défend la justice par la force quand elle est nécessaire, et veille sur celles et ceux qui travaillent dur pour avancer. Son énergie n'est pas que combat : c'est aussi une détermination tranquille, le courage de tracer sa propre route. Il est célébré le mardi.

Ogunhê ! Rouge et vert Agate de feu, rubis

Igname grillée, feijão preto au camarão

Illustration de Xangô, vêtu de rouge, tenant deux haches doubles

Xangô (ou Jakuta)

Xangô fut roi avant de devenir Orixá, et il en garde la stature : justice, autorité et sens du droit. Maître du tonnerre et du feu, il est représenté par l'oxê, une double hache qui symbolise l'équilibre entre deux forces opposées. Associé au rouge et au blanc, il rappelle que le vrai pouvoir ne s'exerce jamais sans rigueur morale. Son jour est le mercredi.

Kaô Kabecilê ! Marron Topaze, citrine

Quiabo au dendê (amalá)

Illustration d'Iansã, vêtue de rouge, entourée de papillons

Iansã (ou Oyá)

Iansã commande les vents, les tempêtes et la foudre. Guerrière redoutable, elle est l'une des seules Orixás féminines à avoir combattu aux côtés des hommes, et l'une des rares à pouvoir affronter sans crainte les eguns, les esprits des morts. Vêtue de rouge et de jaune, entourée de papillons — symboles de transformation —, elle incarne la passion, le courage et la liberté. Comme Xangô, elle est honorée le mercredi.

Eparrei Oyá ! Jaune et rouge Améthyste

Acarajé, canjica jaune à la cannelle

Illustration d'Obaluaê, recouvert de paille (Avatô)

Obaluaê (ou Omolu)

Obaluaê (ou Omolu) est l'Orixá de la guérison et de la transformation. Souvent représenté couvert de paille pour préserver son mystère, il est aussi appelé le « Senhor das Passagens » : celui qui accompagne les grands passages de la vie, de la maladie vers la guérison, d'un état à un autre. Il enseigne la patience, l'humilité et le respect dû aux anciens. Son jour est le lundi.

Atotô ! Noir et blanc Tourmaline noire, onyx

Pop-corn nature, sans sel ni huile

Illustration d'Oxóssi, vêtu de vert, tenant un arc et des flèches

Oxóssi (ou Odé)

Oxóssi est le chasseur, seigneur des forêts et de l'abondance. Il ne prélève jamais par excès : il prend ce dont il a besoin et connaît chaque plante, chaque sentier, chaque silence de la forêt. Habillé de vert, il incarne une stratégie patiente plutôt que la précipitation, et une richesse qui vient du respect de la nature. Il est honoré le jeudi.

Okê Caboclo ! Vert Émeraude, quartz vert

Maïs à la noix de coco et au miel

Illustration des Ibejis, jumeaux divins entourés de bonbons et de fruits

Os Ibejis (ou Cosme e Damião)

Os Ibejis sont les jumeaux divins, protecteurs des enfants et gardiens de la joie pure. Selon la tradition, ce qu'ils accomplissent ne peut être défait par aucun autre Orixá — un signe de leur pouvoir, malgré leur apparence enfantine. Associés aux couleurs vives, ils rappellent que la spontanéité et la légèreté ont, elles aussi, leur sagesse. Leur jour est le dimanche.

Saluba Ibejis ! Couleurs vives, rose Aigue-marine

Caruru, bonbons et fruits

Illustration de Nanã, vêtue de violet et de lilas

Nanã (Nanã Buruquê)

Nanã est la plus ancienne des divinités féminines, gardienne de la boue primordiale d'où serait né le premier être humain. Son culte ne se sert d'aucun objet en métal, signe de son grand âge — elle précéderait même l'âge du fer. Vêtue de blanc et de lilas, elle enseigne que la mort n'est pas une fin mais un passage naturel, et que la lenteur des anciens mérite tout notre respect. Elle est célébrée le samedi.

Saluba Nanã ! Lilas et violet Améthyste

Purée de patate douce au miel

Illustration d'Ossain, entouré de feuilles et de plantes

Ossain (ou Ossaim, Ossanha)

Ossain est le gardien de toutes les feuilles et de tous les secrets de la pharmacopée sacrée. Aucun rituel ne peut se faire sans son accord : c'est lui qui donne aux plantes leur pouvoir de soin. Solitaire et mystérieux, il est associé au vert et symbolise une sagesse qu'on ne trouve qu'en prenant le temps d'observer la nature de près. Son jour est le mercredi.

Eu Ô Ossain ! Vert et blanc Quartz vert

Igname, feuilles fraîches

Illustration de Logunedé, en tenue bleu et or

Logunedé (ou Logun Edé)

Logunedé, fils d'Oxóssi et d'Oxum, hérite des deux mondes de ses parents : on raconte qu'il partage l'année entre la forêt et les rivières. Chasseur et pêcheur à la fois, il symbolise l'équilibre entre la terre et l'eau, et une jeunesse pleine d'élégance et de douceur. Il est honoré le jeudi.

Olu a ô lê riki ! Bleu clair et or Topaze, corail

Maïs à la noix de coco (omolocum)

Illustration d'Obá, vêtue d'orange brûlé et de noir, tenant une épée sous la lune et les étoiles

Obá

Obá est une guerrière parmi les Orixás féminines, première épouse de Xangô et alliée fidèle dans ses combats. Elle règne sur les eaux tumultueuses — ces endroits où deux courants se heurtent et où l'eau se fait forte et imprévisible. On dit qu'elle veille sur le savoir et la réflexion : quand la connaissance est utilisée pour blesser plutôt que pour grandir, c'est elle qui vient, en silence, remettre les choses en ordre. Son énergie n'a rien de douce, mais elle protège celles et ceux qui se battent avec droiture. Elle est honorée le mercredi, comme Xangô.

Obá Xirê ! Magenta, marron rayé Corail, émeraude

Abará, ananas

Illustration d'Ewá, vêtue de magenta et de doré, parée de coquillages et de colliers

Ewá (ou Yewá, Euá)

Ewá est l'une des Orixás les plus discrètes du panthéon, gardienne des mystères et de la clairvoyance. Associée au ciel rosé du crépuscule et aux brumes légères, elle incarne une beauté singulière, presque insaisissable, et une pureté que la légende décrit comme inaltérée. On se tourne vers elle pour éclaircir ce qui reste flou — une intuition, un rêve, une situation qu'on n'arrive pas encore à nommer. Peu de maisons d'Umbanda la cultivent directement, ce qui ajoute encore à son aura de mystère.

Rose pâle, bleu ciel Cristal de roche rose

Fleurs blanches, eau pure

Illustration d'Oxumarê, vêtu de couleurs arc-en-ciel, tenant un bâton orné d'un serpent, au-dessus d'un arc-en-ciel

Oxumarê

Oxumarê est l'Orixá de l'arc-en-ciel et des serpents, lié au mouvement perpétuel entre la terre et le ciel, entre un état et un autre. Dans plusieurs traditions, il est considéré comme à la fois masculin et féminin, passant six mois sous chacune de ses deux natures — une dualité qui en fait le symbole même de la transformation. Il gouverne la richesse qui circule plutôt que celle qui s'accumule, et rappelle que rien dans la vie n'est figé bien longtemps. Son jour varie selon les maisons, souvent le vendredi ou le mercredi.

Arroboboi ! Vert et jaune, arc-en-ciel Tourmaline multicolore

Pop-corn, maïs au miel

Illustration d'Ajé, vêtue de blanc, parée de coquillages, sur une plage au clair de lune

Ajé (ou Ajé Saluga, Ajé Xaluga)

Ajé est l'Orixá de la richesse et de l'abondance, petite sœur d'Iemanjá et fille d'Olokun, la divinité des profondeurs océaniques. La légende raconte qu'elle vomissait des pierres précieuses de toutes les couleurs — bleues, blanches, rouges — révélant ainsi un pouvoir que personne n'avait soupçonné chez elle. Contrairement aux autres Orixás de cet article, Ajé n'est pas cultivée collectivement : son fondement s'installe et se garde de façon individuelle, et peu de maisons d'Umbanda la travaillent directement. Elle reste néanmoins invoquée pour la prospérité et l'équilibre matériel.

Ajé o, Ajé o ! Or et blanc Pierres précieuses multicolores

Maïs, igname, miel

Illustration d'Exu, vêtu de rouge et de noir, avec un atabaque et un serpent

Exu (ou Esú, Bará)

Exu est le messager indispensable entre le monde des humains et celui des Orixás : aucun rituel ne peut avoir lieu sans passer par lui en premier. Gardien des carrefours et des portes, il ouvre ou ferme les chemins selon ce que la vie nous demande de traverser. Longtemps mal compris — assimilé à tort à une figure maléfique —, il est en réalité un passeur, ni bon ni mauvais, simplement nécessaire. Son jour est le lundi, comme Obaluaê.

Laroyê Exu ! Rouge et noir Onyx

Farofa de dendê, cachaça

Chaque Orixá possède ses propres couleurs, jours, éléments naturels et qualités, et chaque personne entretient une relation particulière avec son Orixá de tête, qui influence sa personnalité et son chemin de vie.

Les illustrations de cet article sont l'œuvre de Mavi Maia, artiste et illustratrice originaire du Minas Gerais (Brésil), fondatrice de VivoQuadro — une boutique dédiée aux illustrations et peintures qui célèbrent la religiosité afro-brésilienne et la culture nationale. Vous pouvez découvrir tout son travail sur vivoquadro.com.

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